PIP : le silicone lyonnais était destiné à un usage industriel !
La société PIP (Poly Implant Prothèse) aurait acheté du silicone industriel pour une utilisation médicale ?!
L’entreprise allemande Brenntag, premier distributeur mondial de produits chimiques, a admis avoir approvisionné un silicone utilisé dans la construction et les équipements électroniques.
BlueStar, société basée au Sud de Lyon, affirme que le produit vendu était destiné à un usage industriel.
« Nous n’avions aucun contact avec la société PIP. On livrait des produits auprès de nos distributeurs qui eux-mêmes répondaient à des appels d’offre [de la part de PIP], nous, on ne savait pas ce que PIP faisait de ce composant. Le silicone qu’on livrait était destiné à un usage industriel et pas à un usage médical. C’est un silicone qu’on va retrouver dans des produits de lubrification, de chauffage, de climatisation, dans des isolants électriques. Mais en aucun cas pour un usage médical. Nous sommes très choqués de cette utilisation par l’entreprise PIP, d’autant que l’usage strictement industriel des produits Rhodorsil est clairement spécifié dans des fiches techniques et des fiches de sécurité qui accompagnent les produits chimiques. Si Bluestar Silicones fabrique du silicone à usage médical, par exemple pour faire des empreintes dentaires, on ne fabrique pas de silicone destiné à des prothèses mammaires » a affirmé à l’AFP, Monsieur Jean-François Granat, le directeur de la communication de Bluestar Silicones.
Depuis mars 2010, plus de 2 400 plaintes ont été déposées dans le cadre de cette affaire et 20 cas de cancers dont deux mortels ont été signalés chez des femmes porteuses de ces prothèses. Plusieurs responsables de la société PIP, dont son fondateur Jean-Claude Mas, doivent comparaître en octobre prochain en correctionnel pour « tromperie aggravée et mise en danger de la vie d’autrui ». Une information judiciaire a également été ouverte à Marseille pour « homicide involontaire pour violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité et de prudence ».
En France, 30.000 femmes sont concernées par ces implants dangereux et peut-être à l’origine de cancers. Le gouvernement français leur a conseillé une ex-plantation, prise en charge par l’assurance maladie.
Le centre anti-cancer lyonnais Léon-Bérard a indiqué avoir procédé à l’extraction de la moitié de ces implants posés entre 2008 et fin mars 2010.
Mots-clefs :BlueStar, Brenntag, cancer, implant, PIP, seins, silicone